Thirst in the Heart of the Capital: When Will the President Act to End the Tap Water Drought?
³La soif au cœur de la capitale :
quand le président agira-t-il pour mettre fin à la sécheresse de l’eau du robinet ?
Par : Mohamed Abdelrahman Abdallah
Journaliste
Malgré sa situation sur la côte atlantique et son image de capitale prometteuse d’Afrique de l’Ouest, Nouakchott souffre d’une soif chronique qui porte atteinte à la dignité humaine. L’eau, bien de première nécessité, est devenue un rêve lointain dans de nombreux quartiers, entre silence officiel et promesses récurrentes rarement tenues.
Une quête de l’eau à Arafat : de 10 h au coucher du soleil
Dans le quartier « Arafat 6 », Mariem bint Mokhtar, femme au foyer et mère de quatre enfants, se lance dans un voyage quotidien à la recherche d’eau.
Elle dit en essuyant la sueur de son front :
> « Parfois, on attend des heures devant le robinet, en vain. L’eau arrive une heure ou deux par semaine, et tout le quartier se précipite. On est épuisés. Vraiment épuisés. »
Elle montre du doigt des conteneurs en plastique éparpillés devant les maisons des voisins et ajoute :
> « La semaine dernière, nous avons acheté un réservoir d’eau pour 15 000 vieux ouguiyas et l’avons partagé avec les voisins. C’est une somme colossale pour une famille qui survit à peine. »
À Sebkha : l’eau vendue comme de l’or
La situation n’est guère meilleure dans le district de Sebkha, où l’eau est devenue une denrée rare vendue à des prix exorbitants par des camions-citernes privés.
Mohamed Yahya, un modeste employé du secteur privé, déclare :
> « Mon salaire ne suffit pas à couvrir les dépenses du ménage, et je dépense plus de 2 000 nouveaux ouguiyas par mois rien que pour l’eau. Est-ce acceptable ? Dans un pays où les autorités parlent de sécurité hydrique ? »
Il ajoute avec amertume :
> « Nous voulons que le président vive un seul jour comme nous… un seul jour sans eau. Qu’il voie comment nous vivons. »
À Toujounine : des robinets silencieux pendant des semaines
Dans les quartiers de Toujounine et de Dar Naim, la situation s’aggrave de jour en jour.
Khadija, une étudiante universitaire, partage son expérience de corvée d’eau :
> « Chaque fois que je reviens de l’université, je retrouve ma mère épuisée après des heures d’attente. L’eau est coupée pendant des jours. Nous étudions, nous lavons et vivons sans eau… est-ce une vie ? »
L’intérieur souffre en silence
Les souffrances ne se limitent pas à la capitale. Dans des villes comme Kaédi, Atar et Akjoujt, les habitants se plaignent régulièrement de la faiblesse de l’approvisionnement en eau, surtout en été.
Ahmadou de Kaédi dit :
> « Les camions-citernes sont notre seule source d’eau. Le projet Aftout ne nous est pas parvenu. Les gens dépendent de puits contaminés.