Fast Wealth and Illicit Money: A Threat to Social Fabric
- Enrichissement rapide et argent illicite : une menace pour le tissu social9
Par : Mohamed Abdel Rahman Abdallah
Journaliste,
Nouakchott, Mauritanie
Ces dernières années, le phénomène de l’enrichissement rapide et l’émergence soudaine de « nouvelles élites » ont suscité un large débat, notamment dans les pays en développement comme la Mauritanie. Ce type de richesse ne résulte souvent pas de l’innovation ou du travail acharné, mais plutôt de sources suspectes et illégales, comme le trafic de drogue, le commerce illicite, les affaires corrompues et le blanchiment d’argent.
Les visages de la richesse illicite
Activités illégales : trafic de drogue, blanchiment d’argent et abus de pouvoir administratif ou politique pour obtenir des accords et des contrats lucratifs.
Contrats publics corrompus : les fonds publics sont acheminés vers des entrepreneurs privilégiés liés au secteur de l’énergie, avec peu ou pas de mise en œuvre réelle des projets.
Manipulation foncière et immobilière : les terres sont saisies par influence et vendues à des prix gonflés, générant des profits massifs pour quelques-uns.
Impacts négatifs
1. Élargissement des écarts sociaux : Alors qu’un petit groupe accumule d’immenses richesses, la majorité des citoyens continuent de souffrir de la pauvreté et du chômage.
2. Une culture de l’irresponsabilité : la richesse devient la nouvelle norme sociale, quelle que soit sa source. Les riches sont célébrés et respectés, et non remis en question.
3. Affaiblissement de l’État et des institutions : Ce type de richesse est souvent protégé par des personnalités influentes qui entravent l’État de droit.
4. Perte des valeurs morales : L’éducation et le travail honnête sont mis de côté, remplacés par une culture d’opportunisme et de « partage du butin ».
Pourquoi le silence ?
Ce silence sociétal est parfois dû à :
Peur des individus puissants et des représailles potentielles.
Normalisation de la corruption : elle devient si courante qu’elle n’est plus choquante.
Faiblesse des médias et de la société civile : Outre l’absence d’une volonté politique forte pour s’attaquer de front au problème,
De quoi a-t-on besoin ?
Appliquer les lois anti-corruption et surveiller étroitement les sources de richesse.
Soutenir le journalisme sérieux et le journalisme d’investigation.
Promouvoir une culture de travail, d’intégrité et de responsabilité.
Protéger les lanceurs d’alerte et ceux qui dénoncent la corruption.
La richesse n’est pas un péché, mais lorsqu’elle est acquise sans effort, sans responsabilité et aux dépens de l’État et de la société, elle devient une grave menace pour l’avenir de tous.
La question demeure : avons-nous le courage de l’affronter ?